OK We use cookies to enhance your visit to our site and to bring you advertisements that might interest you. Read our Privacy and Cookies policies to find out more.

News France

Crédit photos : © Nicolas Campistron
0 Comments Apr 6, 2017 | News France

Une consoeur qui n’a pas toujours les pieds sur terre !

Post a comment by Dental Tribune France, Dr Marc Revise

PARIS, France : A 31 ans, avec plus de 2600 sauts, le palmarès d'Emmanuelle Droneau, capitaine de l'équipe de France est incroyable : plusieurs médailles en compétitions nationales en Freestyle de 2008 à 2010 ; record de France de Freefly en aout 2013 ; record du monde de Freefly féminin aux Etats-Unis en novembre 2013 ; médaille d'or en coupe du monde de vol relatif vertical en septembre 2015 aux Pays-Bas ; médaille d'or aux championnats d'Europe de vol relatif en septembre 2015 aux Pays-Bas ; médaille d'or aux tout premiers championnats du monde de vol relatif vertical indoor en octobre 2015 en République Tchèque ; médaille d'argent au World Air Games à Dubai en décembre 2015 ; médaille de bronze aux championnats du monde de vol relatif vertical en septembre 2016 à Chicago.

Marc Revise : Emmanuelle, comment t’est venue cette idée de sauter dans les airs ?
Emmanuelle Droneau : C’est une envie que j’ai depuis toujours. J’ai commencé à parler de sauts en parachute vers l’âge de 8 ans. Il faut dire que j’ai une famille « aérienne » (père pilote de ligne et ma tante, Catherine Maunoury, double championne du monde de voltige aérienne). Je dois avoir hérité d’un gène de l’air ! J’ai fait mon premier saut (en tandem) dès que j’ai eu l’âge requis, à 16 ans. Cela m’a tellement plu que j’ai immédiatement su que ça allait devenir le centre de ma vie ! 2 ans plus tard, je faisais une formation pour apprendre à sauter seule.

Aurais-tu une anecdote à raconter aux lecteurs ?
Pas qu’une seule, Marc ! Une histoire assez piquante : un saut de montgolfière m’a valu un atterrissage dans un champ de ronces ! Un jour, un parachutiste m’a percuté en chute libre à pleine vitesse : pouce droit cassé. Je démarrais un remplacement la semaine suivante, et je suis droitière... et puis, en mars dernier à Dubaï la caméra de Nicolas Campistron, mon vidéoman s’est décrochée de son casque au moment où il est sorti de l’avion. Elle a été retrouvée intacte au beau milieu du désert après une chute libre de 4000 mètres !

Comment as-tu réussi à concilier sauts et études, compétitions et cabinet ?

Ça m’a demandé une sacrée organisation… Étudiante en fac dentaire à Nantes, le fait d’être sportive de haut niveau me donnait droit à des périodes d’absence afin de partir aux entraînements. Mais d’une manière générale je me débrouillais pour sauter beaucoup pendant les week-ends et toutes les vacances. Ensuite j’ai fait 4 années de remplacements tout en m’entraînant régulièrement avec mon équipe ; soit, une semaine par mois, tous les mois, toute l’année. L’intérêt des remplacements était que je choisissais moi-même les périodes où je cherchais du travail, en fonction de mon planning de sauts. De 2012 à 2016, j’ai été en collaboration libérale dans le cabinet du Dr Cottaz, qui a été très compréhensive sur mes absences mensuelles. Je me suis fait remplacer à chaque fois afin de ne pas pénaliser les patients par mes absences répétées, ce qui m’a demandé de trouver des remplaçants toute l’année.

As-tu déjà eu peur de sauter ?

Non. Pas vraiment. Les peurs que j’ai parfois se manifestent avant les sauts de compétition. Mais c’est lié à l’appréhension de ne pas faire un bon saut. Pas au fait de me jeter de l’avion. Le tout premier saut il y a 15 ans m’a sans doute fait un peu peur, mais mon esprit n’a conservé que la sensation extraordinaire et a occulté cette peur … D’une manière générale, je n’ai pas peur pour moi, mais je ne peux pas m’empêcher de stresser dès que quelqu’un de mon entourage fait un saut de découverte !

Donc si je comprends bien, ta seule appréhension est de ne pas bien réaliser les figures pendant un saut de compétition...

Oui, dans mon équipe, nous sommes 5, 4 performeurs et le vidéoman, et si je fais un mauvais saut je pénalise tout le monde... Sinon, parfois, à la phase d’ouverture du parachute, il y a toujours ce petit instant d’une fraction de seconde où je croise les doigts pour que la voile s›ouvre correctement …

Quel saut t’a le plus marquée ?

Le saut de record du monde de Freefl y féminin en 2013 à Eloy, en Arizona : nous étions 63 femmes parachutistes – les meilleures femmes mondiales réunies pour réaliser une figure commune. Nous sommes montées à 6 000 m, sous oxygène, les sauts « standards » s’effectuent à 4 000 mètres habituellement, et il nous a fallu plusieurs tentatives avant de réussir la figure. L’objectif était que les 63 parachutistes se tiennent par la main en chutant tête en bas, à une vitesse de 280 km/h. Le saut où nous avons réussi à le faire était vraiment incroyable. J’ai ressenti une grande émotion. C’était comme si une immense onde d’énergie positive se propageait entre toutes nos mains et … une certaine fierté d’avoir été sélectionnée pour y participer.

Tu as rangé ta combinaison nationale et plié ta voile ?

Oui, j’ai arrêté la compétition en octobre dernier, juste après les championnats du monde de Chicago. Il me semblait difficile de passer de ce rythme intense d’entraînements mensuels à plus rien. Pour combler ce manque, nous avons donc décidé avec mon mari de partir en tour du monde pendant un an ! Nous nous sommes mariés en août, et cela constitue donc notre voyage de noces ! En rentrant en France en septembre 2017, j’ai comme projet d’installer mon cabinet dentaire en Savoie, région où je vivais avant de partir et où je souhaite fonder ma famille.

Emmanuelle, au nom de tous les lecteurs, je t’adresse tous nos voeux de bonheur pour cette vie où, j’en ai l’intuition, tu auras les pieds sur terre …

Note de la rédaction : article édité dans le journal Dental Tribune France No.2,2017

Post a comment Print  |  Send to a friend
0 Comments
Join the Discussion
All comments are subject to approval before appearing. Submit Comment